Humeur

 

 » Crazy Horse
Nous entendons ce que tu dis :
Une Terre, une Mère
On ne peut vendre la terre
Sur laquelle nous marchons
Nous sommes la Terre.
Comment pourrions-nous vendre notre mère ?
Comment pourrions-nous vendre les étoiles ?
Comment pourrions-nous vendre l’air ?
Crazy Horse
Nous entendons ce que tu dis
Trop de gens
Défendent leur sol
En se prétendant faussement en être les propriétaires
Avec leurs visages de prédateurs ils ne possèdent qu’une course sans fin,
Une guerre qui ne s’arrête pas
Les enfants de Dieu se nourrissent sur les enfants de la Terre
Les enfants d’aujourd’hui ne se soucient plus les uns des autres
Ces jours présents sont les plus durs
Champs matériels, récoltes matérialistes
Décorations sur des chaînes qui asservissent
Il n’y a plus d’esprit, plus de liens sensés, seulement des miroirs dorés
Crazy Horse
Nous entendons ce que tu dis
Une Terre, une Mère
On ne peut vendre la terre
Sur laquelle nous marchons
Nous sommes la Terre
Aujourd’hui, c’est pour nous l’instant présent…
La fumée de nos rêves touchera les nuages
Un jour, quand la mort ne voudra plus dire mourir.
Le Temps de ce monde réel nous trompe en faisant mentir les ombres
Malgré une perception incompatible entre les blancs et les rouges,
Les prédateurs tentent toujours de nous civiliser
Mais les tribus ne disparaîtront jamais
Elles ressurgiront génétiquement de l’autre côté de la Lumière
Comme un chant en chœur avec tous nos cœurs en offrande
Alors les jours sauvages, les jours de la gloire de vivre renaîtront.
Crazy Horse
Nous entendons ce que tu dis
Nous sommes la septième génération
Nous sommes la septième génération « 

Kwaïdan

kwaidan

 

 Je n’ai pas le droit de te juger. Reviens, je n’ai rien à te pardonner, mais tant à te donner 

 

  p41aTout sacrifier pour un amour, un reflet de soi. Mourir pour sa beauté, se condamner à errer et attendre au pays des Kamis. Impermanence de la vie, de l’inclination, la fin pour cacher souffrance, désarroi, amertume et solitude. Orin et Akane deux sœurs, deux cœurs qui battent en chœur d’une rancœur mortifère pour Nankô. Deux êtres illusoires, prisonniers de leur vie, naufragés d’une identité perdue.

Je ne vivais que par et pour ma beauté. Lorsqu’elle fut à jamais détruite, je perdis ma raison de vivre. La mort me donna l’illusion de pouvoir la faire revivre en renaissant par toi… 

  Renaître pour survivre, refleurir pour aimer son prince à nouveau, rallumer cette vénusté volée par sa sœur. « Une chenille voit le jour laide et repoussante, mais le moment venu, elle tisse sa chrysalide et s’y enferme inexorablement… Elle affronte cet instant sans crainte et lorsqu’elle réapparaît elle peut enfin s’envoler pour accomplir sa destinée ». Orin a choisi, disparaître, se cloîtrer au fond d’un lac en attendant son aimé. kwaidanNankô n’a pas voulu voir sa douce disparue, il s’ôtera la vue jetant un voile sombre sur son funeste fatum. Ils ont choisi les ténèbres, deux siècles d’espérance et d’errance à souffrir sans mourir. Attendre celle qui la libéra, qui saignera pour elle.

« Tu ne mérites pas ce destin qui est le mien. Et l’ironie du sort veut que je ne peux te libérer que si toi tu me libères auparavant ». Orin et Setsuko, deux femmes mutilées, deux êtres unis dans une même quête identitaire pour affronter Akane et la séparation.

Elle ne comprend pas, elle veut des réponses. Elle s’est isolée dans une forteresse de doutes

 

p43

 

   Jee-Yun nous offre un graphisme somptueux pour nous emmener au pays des kwaïdan et des kamis, ces esprits, ces choses étranges. Un quintet de héros à la recherche d’eux-mêmes, de leurs origines, perdu dans un monde vil, sans empathie. « Ne demeure pas dans l’amertume et la colère. Tant d’amour a déjà été piétiné ». Une œuvre poétique sombre et personnelle qui puise ses influences dans le cinéma, la littérature et les mangakas mais aussi dans la vie de l’auteur. 

Fausse piste

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Je n’ai pas de caractère, pas de morale, pas de religion, pas de but dans la vie 

   Milo Milodragovitch écluse sa vie au rythme des rêves et des mensonges. « J’ai passé les deux jours suivants à broyer du noir dans mon bureau, à me saouler en admirant la vue, à évaluer les perspectives que m’offrait mon avenir brutalement assombri. La vue était sensiblement plus belle que mes perspectives ». Ancien flic, ancien spécialiste des divorces, il est plutôt adepte du No Immediate Miracles, de la dipsomanie que du WIN arboré en ces années de crises américaines. Cantonné à survivre en attendant l’héritage familial,fausse-piste-chaboute une nouvelle loi lui porte un énième coup fatal. Fini les flagrants délits d’adultère, les planques dans les motels merdiques à biberonner en espérant une petite sauterie compromettante.    Affalé à son bureau, plongé philosophiquement avec une bouteille de whiskey, la vie de Milo va s’éventer au contact d’Helen Duffy, un « genre de vie dans lequel t’as besoin de boire un verre juste pour survivre ». Dès lors, l’alcool et la drogue n’auront plus la même saveur pour le millionnaire en expectation.

 

 

 Ça me fait me sentir comme une merde réchauffée

  James Crumley ne s’embarrasse pas, son héros ne sera jamais le gendre idéal. « Vieillesse et tristesse : tels étaient mes seuls avoirs, mes plus grands biens ». Dans un Montana refuge des derniers aventuriers et des naufragés de la contre-culture des années 70, Fausse piste nous plonge au cœur des méandres d’une petite bourgade scindée entre méprisables et bourgeois, entre déviants et représentants de la loi. Rien n’est mauvais pour arriver à ses fins dans ce paradis de la came et des armes à feu. Si l’alcool coule à flot, c’est pour mieux noyer le lecteur dans une sombre histoire de suicide et de disparition. Pour éviter la consomption des nuits blanches passée par Milo à démêler cette enquête céphalalgique il reste encore les bons vieux rêves. « Nous pourrions rentrer à la maison, prendre un petit déjeuner, fumer un peu d’herbe et dormir en se laissant bercer par le son du ruisseau, le doux bruissement des épines d’épicéas, avec la chaleur placide de deux vieux vétérans aux nerfs ruinés par de trop longs séjours dans les tranchées de l’amour et du désastre ».

Il s’en alla d’un pas lent, incapable de s’occuper de sa vie…

 

  Merci à Libfly et aux éditions Gallmeister pour leur confiance et pour cette lecture dans le cadre de la voie des Indés de janvier 2017.

 

Hadamar

hadamar

Hadamar ne peut rester un lieu non jugé

   Il porte encore le triangle rouge sur les stigmates de son corps rompu, souillure2004-triangle-rouge indélébile de cinq années de camps, de survivance. Il traîne son passé, son existence dans les plaies béantes d’un pays vaincu, déchiré, silencieux de connivences, lourd de mensonges. « Dans la nouvelle Allemagne (…) il faudra feindre de ne pas se connaître, de ne pas se haïr, de ne pas espérer la mort douloureuse de l’autre ». Oublier, reconstruire, chercher les vivants, les survivants. Il erre, « qui est-il désormais dans cette ville ? Un parmi d’autres, qui cherche des traces », des lambeaux de vie. Franz n’est plus qu’un fantôme poussé par un espoir ténu retrouver son fils Kasper, abandonné aux jeunesses hitlériennes quelques années plutôt. Au milieu des souvenirs, des disparus, la mémoire se cherche, les certitudes vacillent au gré des rencontres, les doutes tanguent au rythme du corps de cette femme qui s’offre à lui. Si les cambrures parlent, les langues se taisent, se terrent derrière un orgueil obséquieux.

 Il faut que les gens d’ici expient, il n’y a que par les corps qu’ils saisiront ce qu’ils ont fait. Courbée à lécher la poussière de cette cave pleine d’objets qui suinte la panique de planquée, la boulimie resquilleuse, elle se souviendrait, peut-être, de ceux qu’elle a laissés derrière elle, de ceux qu’elle a sans doute pillés 

 

  bus-grisSeul un nom résonne, nimbé de mystère létal, de non-dits oppressants, Hadamar. Lieu de convergence de ces ballastexistenzen, « ceux que l’on devait laisser de côté, exclure du train de la vie, de la force. Les incapables, les fragiles, les diminués. (…) Personne ne s’était donné la peine de le définir, mais on savait qu’il s’agissait des invisibles, les idiots, les fous, les gênants ». Terminus nauséabond de ces cortèges de bus gris, Franz possède encore un vague souvenir de ce lieu enfoui dans son passé, un vieil hôpital pour déficient. Inexorablement les pas de son fils le mènent vers ce lieu honni, « en entrant ici, on perdait son nom ». En poussant les portes de sa quête, Franz ouvrira les lèvres d’une cicatrice indélébile celée derrière un cataplasme captieux.

 Ils ont cru à l’hiver 42, qu’ils réussissaient à tout effacer de ce qui avait été organisé ici. En quelques coups de truelle 

  Oriane Jeancourt Galignani nous emmène dans les tourments de l’histoire allemande. En suivant son héros Franz, on replonge dans le monde de l’horreur, du nazisme et de l’eugénisme. « Deux lettres séparent Erlösung et Endlösung. La délivrance et la solution finale. Deux lettres qui disent la vision nazie d’une mort travestie sous l’étendard de la liberté ». Un roman qui navigue entre passé et présent sous l’égide de fantômes pour mieux apprivoiser les événements et l’ampleur des faits qui se sont déroulés sous la politique de l’aktion T4.

L’absence de l’incinérateur le rend fou, ces traces de la machine sur le sol, la lourdeur de la chose en fonte qu’on suppose mais qu’on ne voit pas, cette absence, certaines nuits, le contraint à se lever, descendre dans les rues, courir jusqu’à s’en couper le souffle

  Sans jamais tomber dans le voyeurisme ou le pathos, la recherche de ce père journaliste, condamné à porter le triangle rouge des prisonniers politiques, pour retrouver un fils qu’il ne connaît plus, nous plonge dans la passivité de masse face à la dictature et ses méfaits. « Personne à Hadamar n’ignore à quoi sont voués les centaines de patients qui débarquent chaque jour des bus à l’arrière de l’hôpital ». « Nous ne pouvions rien faire de toute façon pour empêcher tout ça d’avoir lieu ». hadamar« La fumée des morts » d’Hadamar fera plus de 10000 victimes, femmes, enfants mischlinge (à moitié juifs), aliénés… tous périront par le feu et le gaz au nom d’une pensée, d’une idéologie.

« Si l’on a tenté d’effacer leurs noms, les survivants leur donneront les leurs », « faire le récit d’un peuple qui s’est mutilé ».

Merci à Netgalley et aux éditions Grasset pour leur confiance.

Humeur

Maybe I’m foolish, maybe I’m blind
Peut-être suis-je idiot, peut-être suis-je aveugle
Thinking I can see through this and see what’s behind
De penser que je peux voir à travers tout ça et voir ce qu’il y a derrière
Got no way to prove it so maybe I’m blind
Pas moyen de le prouver alors peut-être suis-je aveugle
But I’m only human after all, I’m only human after all
Mais je ne suis qu’un être humain après tout, je ne suis qu’un être humain après tout
Don’t put your blame on me
Ne me rejetez pas votre faute

Don’t put your blame on me
Ne me rejetez pas votre faute
Take a look in the mirror and what do you see
Jetez un œil dans le miroir et que voyez-vous
Do you see it clearer or are you deceived, in what you believe
Est-ce plus clair ou êtes-vous déçu, par ce que vous croyez
Cos’ I’m only human after all, you’re only human after all
Parce que je ne suis qu’un être humain après tout, tu n’es qu’un être humain après tout
Don’t put the blame on me
Ne me rejetez pas la faute
Don’t put your blame on me
Ne me rejetez pas votre faute
Some people got the real problems
Certainss ont de vrais problèmes
Some people out of luck
Certains n’ont pas de chance
Some people think I can solve them
Certains pensent que je peux les résoudre
Lord heaven’s above
Le Seigneur est au-dessus
I’m only human after all, I’m only human after all
Je ne suis qu’un être humain après tout, je ne suis qu’un être humain après tout
Don’t put the blame on me
Ne me rejetez pas la faute
Don’t put the blame on me
Ne me rejetez pas la faute
Don’t ask my opinion, don’t ask me to lie
Ne me demandez pas mon avis, ne me demandez pas de mentir
Then beg for forgiveness for making you cry, making you cry
Puis implorer pardon de vous faire pleurer, vous faire pleurer
Cos I’m only human after all, I’m only human after all
Parce que je ne suis qu’un être humain après tout, je ne suis qu’un être humain après tout
Don’t put your blame on me, don’t put the blame on me
Ne me rejetez pas votre faute, ne me rejetez pas la faute
Some people got the real problems
Certains ont de vrais problèmes
Some people out of luck
Certains n’ont pas de chance
Some people think I can solve them
Certains pensent que je peux les résoudre
Lord heaven’s above
Le Seigneur le ciel est au-dessus
I’m only human after all, I’m only human after all
Je ne suis qu’un être humain après tout, je ne suis qu’un être humain après tout
Don’t put the blame on me
Ne me rejetez pas la faute
Don’t put the blame on me
Ne me rejetez pas la faute
I’m only human I make mistakes
Je ne suis qu’un être humain, je fais des erreurs
I’m only human that’s all it takes to put the blame on me
Je ne suis qu’un être humain voilà tout ce qu’il faut pour me rejeter la faute
Don’t put your blame on me
Ne me rejetez pas votre faute
I’m no prophet or messiah
Je n’ai rien d’un prophète, ou d’un messie
Should go looking somewhere higher
Vous devriez chercher quelque part plus haut
I’m only human after all, I’m only human after all
Je ne suis qu’un être humain après tout, je ne suis qu’un être humain après tout
Don’t put your blame on me, don’t put the blame on me
Ne me rejetez pas votre faute, ne me rejetez pas la faute
I’m only human I do what I can
Je ne suis qu’un être humain je fais ce que je peux
I’m just a man, I do what I can
Je suis juste un homme, je fais ce que je peux
Don’t put the blame on me
Ne me rejetez pas la faute
Don’t put your blame on me
Ne me rejetez pas votre faute

 

Antartida

antartida

 

La beauté n’est pas dans les choses mais dans les yeux qui les regardent 

  Derrière toute vénusté se terre souvent la bassesse et la laideur. Dans le sillage de « la mer fleurie de blanc », les pires malheurs peuvent surgir. Chaque chose, chaque être dissimule « des saloperies qu’on est le seul à pouvoir expier », des noirceurs, des rêves. navigation_cap_hornLes vagues deviennent chaos, douleurs, plaies. « A chacun de ses passages, ce maudit cap exigeait son tribut de voiles déchirées, de mâts cassés, de marins blessés, morts ou emportés par les vagues », l’écume se macule de sang, d’âmes en perdition pleurant dans les notes glaciales du vent antarctique. Les glaciers majestueux se muent en tombeau éternel, enfermant pour toujours le sourire figé de la peur. Entre folie et fascination, Antartida agit comme un aimant sur les aventuriers. Terre inconnue ou de désolation, ses joyaux sont autant de lugubres auspices que d’émerveillement. Sa virginité sauvage enchante, déboussole les êtres épris de liberté et de découverte.

La mer avait retrouvé son calme et la nuit son silence : la lune dorait la surface lisse des eaux. Pourtant, quelque chose d’indéfinissable flottait dans l’air. Le souffle du mystère après son passage

  Alejandro, le héros du Dernier mousse, n’a pas oublié ses rêves. Devenu radiotélégraphiste, il vit au rythme des tempêtes et des messages de détresses mais son cœur bat encore au rythme du Baguenado et de l’aventure. Aux côtés de son frère Manuel, du Yaghan Felix et du sergent Ulloa, ils décident de porter le drapeau chilien aux confins de la terre sauvage, là où les « forces enragées s’étaient données rendez-vous pour mettre à sac ce coin de terre ». Mais même si leurs intentions sont nobles, la moindre faiblesse, la moindre traîtrise se paie à coup de cadavre et de sombres présages.

On aurait dit un être vivant, sans bras, mutilé, luttant jusqu’à son dernier souffle pour sauver quelques âmes

 antartida  Antartida se révèle aussi magnifique que cruel. La plume poétique de Coloane décrit tour à tour des tableaux polaires et des scènes mortifères. Dans les mots du chilote, les hommes ne sont que des pantins fragiles, broyés par la logique de la nature. La beauté s’insurge en monstre redoutable pour se préserver des intrusions néfastes, implacablement le lecteur connaît l’issue de cette aventure. « Leur choix était simple : sombrer ou survivre ».

La vague

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Était-il donc vrai que la nature des hommes les poussait à chercher un meneur ? Quelqu’un pour prendre les décisions à leur place ? 

  Un être derrière qui se retrancher et dire on ne savait pas ! Pourtant ! Pourtant, « tout le monde a fait le salut en répétant les slogans. Et même si on ne le voulait pas, on le faisait malgré nous. Vous voyez, comme si on voulait vraiment que ça marche. Pour sentir toute cette énergie s ‘accumuler autour de nous ». « La Force par la Discipline, La Force par la Communauté », lela-vague totalitarisme, le nazisme non cela ne pourrait pas se passer chez nous ! Et pourtant ? « Jamais il n’avait souhaité pousser si loin son rôle de leader, mais ses élèves l’y avaient entraîné. Et en vérité, il n’avait rien fait pour résister. Il devait même le reconnaître que, avant que cela tourne mal, il avait apprécié ces moments fugaces de pouvoir ». Ce pouvoir de pression, de contrôle sur les êtres, un sentiment de puissance que l’on croyait éteint. Suite à la projection d’un film sur la Shoah, Ben Ross, brillant professeur d’histoire se retrouve sans réponse face à la question d’une lycéenne « Comment les Allemands ont-ils pu laisser les nazis assassiner des gens presque sous leurs yeux pour ensuite affirmer qu’ils n’en savaient rien ? Comment ont-ils pu faire une chose pareille ? Comment ont-ils pu dire une chose pareille ». Pour leur faire comprendre, il va puiser aux sources de l’ignominie humaine, au panthéon du non-droit.

Je dois les pousser jusqu’à ce qu’ils comprennent. La leçon que je vais leur apprendre sera sûrement la plus importante de toute leur vie 

  Todd Strasser nous relate une expérience réelle qui visait à démontrer les mécanismes simples du totalitarisme. Entre jeu et horreur, l’expérience entraîne les élèves dans les pas des jeunesses hitlériennes ou phalanges mussoliniennes, propulsant des adolescents en véritable bombe raciste. la-vague-2« Tu as peur ? Tu as peur de la réaction des autres membres de la Vague si tu ne fais pas comme eux ? » De libres penseurs, Ben Ross les transforme lentement en moutons de Panurge, condamnés à suivre la masse. Un roman intelligent qui s’en s’approfondir montre le cheminement de la pensée unique et la libre pensée qui peu à peu s’étouffe dans les entrailles de la bête naissante.

  Oui une chose pareille peut se reproduire, l’homme ne se nourrit pas toujours de ses propres échecs. L’Histoire est un rocher de Sisyphe. Il y aura toujours des libres penseurs, des leaders et un troupeau à diriger, nonobstant cela « nous sommes tous responsables de nos propres actes et (…) nous devons toujours réfléchir sur ce que nous faisons, plutôt que de suivre un chef aveuglément ».