Antartida

antartida

 

La beauté n’est pas dans les choses mais dans les yeux qui les regardent 

  Derrière toute vénusté se terre souvent la bassesse et la laideur. Dans le sillage de « la mer fleurie de blanc », les pires malheurs peuvent surgir. Chaque chose, chaque être dissimule « des saloperies qu’on est le seul à pouvoir expier », des noirceurs, des rêves. navigation_cap_hornLes vagues deviennent chaos, douleurs, plaies. « A chacun de ses passages, ce maudit cap exigeait son tribut de voiles déchirées, de mâts cassés, de marins blessés, morts ou emportés par les vagues », l’écume se macule de sang, d’âmes en perdition pleurant dans les notes glaciales du vent antarctique. Les glaciers majestueux se muent en tombeau éternel, enfermant pour toujours le sourire figé de la peur. Entre folie et fascination, Antartida agit comme un aimant sur les aventuriers. Terre inconnue ou de désolation, ses joyaux sont autant de lugubres auspices que d’émerveillement. Sa virginité sauvage enchante, déboussole les êtres épris de liberté et de découverte.

La mer avait retrouvé son calme et la nuit son silence : la lune dorait la surface lisse des eaux. Pourtant, quelque chose d’indéfinissable flottait dans l’air. Le souffle du mystère après son passage

  Alejandro, le héros du Dernier mousse, n’a pas oublié ses rêves. Devenu radiotélégraphiste, il vit au rythme des tempêtes et des messages de détresses mais son cœur bat encore au rythme du Baguenado et de l’aventure. Aux côtés de son frère Manuel, du Yaghan Felix et du sergent Ulloa, ils décident de porter le drapeau chilien aux confins de la terre sauvage, là où les « forces enragées s’étaient données rendez-vous pour mettre à sac ce coin de terre ». Mais même si leurs intentions sont nobles, la moindre faiblesse, la moindre traîtrise se paie à coup de cadavre et de sombres présages.

On aurait dit un être vivant, sans bras, mutilé, luttant jusqu’à son dernier souffle pour sauver quelques âmes

 antartida  Antartida se révèle aussi magnifique que cruel. La plume poétique de Coloane décrit tour à tour des tableaux polaires et des scènes mortifères. Dans les mots du chilote, les hommes ne sont que des pantins fragiles, broyés par la logique de la nature. La beauté s’insurge en monstre redoutable pour se préserver des intrusions néfastes, implacablement le lecteur connaît l’issue de cette aventure. « Leur choix était simple : sombrer ou survivre ».

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