Fausse piste

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Je n’ai pas de caractère, pas de morale, pas de religion, pas de but dans la vie 

   Milo Milodragovitch écluse sa vie au rythme des rêves et des mensonges. « J’ai passé les deux jours suivants à broyer du noir dans mon bureau, à me saouler en admirant la vue, à évaluer les perspectives que m’offrait mon avenir brutalement assombri. La vue était sensiblement plus belle que mes perspectives ». Ancien flic, ancien spécialiste des divorces, il est plutôt adepte du No Immediate Miracles, de la dipsomanie que du WIN arboré en ces années de crises américaines. Cantonné à survivre en attendant l’héritage familial,fausse-piste-chaboute une nouvelle loi lui porte un énième coup fatal. Fini les flagrants délits d’adultère, les planques dans les motels merdiques à biberonner en espérant une petite sauterie compromettante.    Affalé à son bureau, plongé philosophiquement avec une bouteille de whiskey, la vie de Milo va s’éventer au contact d’Helen Duffy, un « genre de vie dans lequel t’as besoin de boire un verre juste pour survivre ». Dès lors, l’alcool et la drogue n’auront plus la même saveur pour le millionnaire en expectation.

 

 

 Ça me fait me sentir comme une merde réchauffée

  James Crumley ne s’embarrasse pas, son héros ne sera jamais le gendre idéal. « Vieillesse et tristesse : tels étaient mes seuls avoirs, mes plus grands biens ». Dans un Montana refuge des derniers aventuriers et des naufragés de la contre-culture des années 70, Fausse piste nous plonge au cœur des méandres d’une petite bourgade scindée entre méprisables et bourgeois, entre déviants et représentants de la loi. Rien n’est mauvais pour arriver à ses fins dans ce paradis de la came et des armes à feu. Si l’alcool coule à flot, c’est pour mieux noyer le lecteur dans une sombre histoire de suicide et de disparition. Pour éviter la consomption des nuits blanches passée par Milo à démêler cette enquête céphalalgique il reste encore les bons vieux rêves. « Nous pourrions rentrer à la maison, prendre un petit déjeuner, fumer un peu d’herbe et dormir en se laissant bercer par le son du ruisseau, le doux bruissement des épines d’épicéas, avec la chaleur placide de deux vieux vétérans aux nerfs ruinés par de trop longs séjours dans les tranchées de l’amour et du désastre ».

Il s’en alla d’un pas lent, incapable de s’occuper de sa vie…

 

  Merci à Libfly et aux éditions Gallmeister pour leur confiance et pour cette lecture dans le cadre de la voie des Indés de janvier 2017.

 

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