Le temps des immortelles

Le temps des immortelles

 

  Il rêvait de liberté, d’amour, d’amitié; il se voyait écrivain, amant… La vie, l’histoire en décideront autrement. Dans la grisaille et la tristesse des quartiers est-berlinois, ses idéaux s’estompent, détruits insidieusement par les tenailles de la Stasi. Les fenêtres ne s’ouvrent plus que dans les souvenirs champêtres d’une enfance ensoleillée par la nitescence de sa grand-mère, dans les lettres exaltées de Marie. Arno K. se réfugie dans un silence accablant, engloutit par le tumulte politique, par le système policier. Jugé hostile et négatif, Arno perdra jusqu’à son existence gommé, extirpé du regard des autres, de leur mémoire. Né dans l’espérance du communisme, il grandit dans l’ombre du mur, emprisonné dans la réalité économique et politique d’une dictature, reclus dans les murs de l’amnésie.

Et en admettant qu’il eût encore été capable de croire à l’amitié ou à l’amour, et qu’il eût même pu revoir ses amis, il leur aurait demandé de se sauver de ses rêves. De fuir loin des pages. Loin des tiroirs de sa vie abandonnée.

 

  Par des phrases elliptiques, pleines de non-dits, Karsten Dümmel nous livre une fiction forte et bouleversante, dénonce les exactions de la Stasi et les méthodes de déstructuration mise en œuvre dans les années soixante-dix.

stasi-headquarters-and

  De courts chapitres, des fragments de souvenirs mis bout à bout sans chronologie réelle qui déstabilisent volontairement le lecteur, des fantômes gravitant ou s’évanouissant dans la vie du héros, des images qui se volatilisent sans laisser de traces, une mort qui n’apparaît même pas salvatrice. Autant de procédés pour mettre en exergue le fonctionnement d’auto-destruction préconisés contre les opposants politiques où ceux qui ne qui ne souscrivaient pas aux idéaux politiques.

Twelve bar blues

Twelve bar blues

 

  La vie possède parfois l’âpreté d’un vieux blues enfanté dans les limbes de l’ivresse. Des accords sombres, élégiaques, des mots imbriaques qui obombrent les sens, trompent les êtres, remplissent les lits, vident les cœurs. Des notes noires de non-dits, de tourments agités, des blanches envoûtantes, écrasantes de fatalité. Des mesures, des trames incohérentes aux abords qui s’enchaînent inexorablement au rythme du twelve bar blues de Lech Holden et de l’Afrique exilée.

on chante quand on est heureux, et on chante quand on est triste, pa’c’que c’est tout ce qu’on sait faire, nous aut’ pauv’ nègres

  Douze tempos incessants rythmés par la quête musicale de Fortis et de Sylvia dans une Nouvelle-Orléans qui résonne de violence et de racisme, où blanc et noir ne s’accordent guère que dans les partitions des lupanars. Des mesures toniques scandées par des protagonistes perdus dans les abîmes de leur passé, de leurs racines oubliées. Des êtres apatrides, sans nom ; Sylvie Di Napoli la prostituée rejetée par ses parents pour sa peau exotique, Bunmi Durowoju l’archéologue qui a banni son nom. Des harmonies sous-dominantes, injectées d’alcool, d’impécuniosité et d’abandon ; résonnant aux sons de la mort et de l’amitié sur les pas des légendes du jazz. Des destins précaires, vacillants dans les fumées hallucinogènes chamaniques d’un peuple africain imaginaire père de toutes les mythes. Des rythmes forts guidés par l’amour, la musique, l’histoire, portés par le cornet de Lech. Douze mesures, douze tableaux, douze ambiances d’une saga musicale noire.

Parce que n’importe quel nègre sensé vous dira qu’il ne connaît rien au passé et qu’il ne peut pas faire de projet d’avenir

  Patrick Neate déstructure l’épopée, réinvente l’histoire pour livrer un conte sur la quête identitaire et les racines du blues et des afro-américains. Un roman rugueux, déroutant par ses éternelles variations chronologiques et temporelles qui nous mènent dans l’Amérique du début du vingtième siècle, celle des mégapoles interlopes et de l’émancipation, celles de la mort et des vices. Entre humour et leçon d’histoire, Patrick Neate se complaît à désorienter son lecteur au risque de le perdre.

Merci à libfly et aux éditions intervalles pour cette lecture.

Humeur

 

 » Crazy Horse
Nous entendons ce que tu dis :
Une Terre, une Mère
On ne peut vendre la terre
Sur laquelle nous marchons
Nous sommes la Terre.
Comment pourrions-nous vendre notre mère ?
Comment pourrions-nous vendre les étoiles ?
Comment pourrions-nous vendre l’air ?
Crazy Horse
Nous entendons ce que tu dis
Trop de gens
Défendent leur sol
En se prétendant faussement en être les propriétaires
Avec leurs visages de prédateurs ils ne possèdent qu’une course sans fin,
Une guerre qui ne s’arrête pas
Les enfants de Dieu se nourrissent sur les enfants de la Terre
Les enfants d’aujourd’hui ne se soucient plus les uns des autres
Ces jours présents sont les plus durs
Champs matériels, récoltes matérialistes
Décorations sur des chaînes qui asservissent
Il n’y a plus d’esprit, plus de liens sensés, seulement des miroirs dorés
Crazy Horse
Nous entendons ce que tu dis
Une Terre, une Mère
On ne peut vendre la terre
Sur laquelle nous marchons
Nous sommes la Terre
Aujourd’hui, c’est pour nous l’instant présent…
La fumée de nos rêves touchera les nuages
Un jour, quand la mort ne voudra plus dire mourir.
Le Temps de ce monde réel nous trompe en faisant mentir les ombres
Malgré une perception incompatible entre les blancs et les rouges,
Les prédateurs tentent toujours de nous civiliser
Mais les tribus ne disparaîtront jamais
Elles ressurgiront génétiquement de l’autre côté de la Lumière
Comme un chant en chœur avec tous nos cœurs en offrande
Alors les jours sauvages, les jours de la gloire de vivre renaîtront.
Crazy Horse
Nous entendons ce que tu dis
Nous sommes la septième génération
Nous sommes la septième génération « 

Kwaïdan

kwaidan

 

 Je n’ai pas le droit de te juger. Reviens, je n’ai rien à te pardonner, mais tant à te donner 

 

  p41aTout sacrifier pour un amour, un reflet de soi. Mourir pour sa beauté, se condamner à errer et attendre au pays des Kamis. Impermanence de la vie, de l’inclination, la fin pour cacher souffrance, désarroi, amertume et solitude. Orin et Akane deux sœurs, deux cœurs qui battent en chœur d’une rancœur mortifère pour Nankô. Deux êtres illusoires, prisonniers de leur vie, naufragés d’une identité perdue.

Je ne vivais que par et pour ma beauté. Lorsqu’elle fut à jamais détruite, je perdis ma raison de vivre. La mort me donna l’illusion de pouvoir la faire revivre en renaissant par toi… 

  Renaître pour survivre, refleurir pour aimer son prince à nouveau, rallumer cette vénusté volée par sa sœur. « Une chenille voit le jour laide et repoussante, mais le moment venu, elle tisse sa chrysalide et s’y enferme inexorablement… Elle affronte cet instant sans crainte et lorsqu’elle réapparaît elle peut enfin s’envoler pour accomplir sa destinée ». Orin a choisi, disparaître, se cloîtrer au fond d’un lac en attendant son aimé. kwaidanNankô n’a pas voulu voir sa douce disparue, il s’ôtera la vue jetant un voile sombre sur son funeste fatum. Ils ont choisi les ténèbres, deux siècles d’espérance et d’errance à souffrir sans mourir. Attendre celle qui la libéra, qui saignera pour elle.

« Tu ne mérites pas ce destin qui est le mien. Et l’ironie du sort veut que je ne peux te libérer que si toi tu me libères auparavant ». Orin et Setsuko, deux femmes mutilées, deux êtres unis dans une même quête identitaire pour affronter Akane et la séparation.

Elle ne comprend pas, elle veut des réponses. Elle s’est isolée dans une forteresse de doutes

 

p43

 

   Jee-Yun nous offre un graphisme somptueux pour nous emmener au pays des kwaïdan et des kamis, ces esprits, ces choses étranges. Un quintet de héros à la recherche d’eux-mêmes, de leurs origines, perdu dans un monde vil, sans empathie. « Ne demeure pas dans l’amertume et la colère. Tant d’amour a déjà été piétiné ». Une œuvre poétique sombre et personnelle qui puise ses influences dans le cinéma, la littérature et les mangakas mais aussi dans la vie de l’auteur. 

Fausse piste

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Je n’ai pas de caractère, pas de morale, pas de religion, pas de but dans la vie 

   Milo Milodragovitch écluse sa vie au rythme des rêves et des mensonges. « J’ai passé les deux jours suivants à broyer du noir dans mon bureau, à me saouler en admirant la vue, à évaluer les perspectives que m’offrait mon avenir brutalement assombri. La vue était sensiblement plus belle que mes perspectives ». Ancien flic, ancien spécialiste des divorces, il est plutôt adepte du No Immediate Miracles, de la dipsomanie que du WIN arboré en ces années de crises américaines. Cantonné à survivre en attendant l’héritage familial,fausse-piste-chaboute une nouvelle loi lui porte un énième coup fatal. Fini les flagrants délits d’adultère, les planques dans les motels merdiques à biberonner en espérant une petite sauterie compromettante.    Affalé à son bureau, plongé philosophiquement avec une bouteille de whiskey, la vie de Milo va s’éventer au contact d’Helen Duffy, un « genre de vie dans lequel t’as besoin de boire un verre juste pour survivre ». Dès lors, l’alcool et la drogue n’auront plus la même saveur pour le millionnaire en expectation.

 

 

 Ça me fait me sentir comme une merde réchauffée

  James Crumley ne s’embarrasse pas, son héros ne sera jamais le gendre idéal. « Vieillesse et tristesse : tels étaient mes seuls avoirs, mes plus grands biens ». Dans un Montana refuge des derniers aventuriers et des naufragés de la contre-culture des années 70, Fausse piste nous plonge au cœur des méandres d’une petite bourgade scindée entre méprisables et bourgeois, entre déviants et représentants de la loi. Rien n’est mauvais pour arriver à ses fins dans ce paradis de la came et des armes à feu. Si l’alcool coule à flot, c’est pour mieux noyer le lecteur dans une sombre histoire de suicide et de disparition. Pour éviter la consomption des nuits blanches passée par Milo à démêler cette enquête céphalalgique il reste encore les bons vieux rêves. « Nous pourrions rentrer à la maison, prendre un petit déjeuner, fumer un peu d’herbe et dormir en se laissant bercer par le son du ruisseau, le doux bruissement des épines d’épicéas, avec la chaleur placide de deux vieux vétérans aux nerfs ruinés par de trop longs séjours dans les tranchées de l’amour et du désastre ».

Il s’en alla d’un pas lent, incapable de s’occuper de sa vie…

 

  Merci à Libfly et aux éditions Gallmeister pour leur confiance et pour cette lecture dans le cadre de la voie des Indés de janvier 2017.

 

Hadamar

hadamar

Hadamar ne peut rester un lieu non jugé

   Il porte encore le triangle rouge sur les stigmates de son corps rompu, souillure2004-triangle-rouge indélébile de cinq années de camps, de survivance. Il traîne son passé, son existence dans les plaies béantes d’un pays vaincu, déchiré, silencieux de connivences, lourd de mensonges. « Dans la nouvelle Allemagne (…) il faudra feindre de ne pas se connaître, de ne pas se haïr, de ne pas espérer la mort douloureuse de l’autre ». Oublier, reconstruire, chercher les vivants, les survivants. Il erre, « qui est-il désormais dans cette ville ? Un parmi d’autres, qui cherche des traces », des lambeaux de vie. Franz n’est plus qu’un fantôme poussé par un espoir ténu retrouver son fils Kasper, abandonné aux jeunesses hitlériennes quelques années plutôt. Au milieu des souvenirs, des disparus, la mémoire se cherche, les certitudes vacillent au gré des rencontres, les doutes tanguent au rythme du corps de cette femme qui s’offre à lui. Si les cambrures parlent, les langues se taisent, se terrent derrière un orgueil obséquieux.

 Il faut que les gens d’ici expient, il n’y a que par les corps qu’ils saisiront ce qu’ils ont fait. Courbée à lécher la poussière de cette cave pleine d’objets qui suinte la panique de planquée, la boulimie resquilleuse, elle se souviendrait, peut-être, de ceux qu’elle a laissés derrière elle, de ceux qu’elle a sans doute pillés 

 

  bus-grisSeul un nom résonne, nimbé de mystère létal, de non-dits oppressants, Hadamar. Lieu de convergence de ces ballastexistenzen, « ceux que l’on devait laisser de côté, exclure du train de la vie, de la force. Les incapables, les fragiles, les diminués. (…) Personne ne s’était donné la peine de le définir, mais on savait qu’il s’agissait des invisibles, les idiots, les fous, les gênants ». Terminus nauséabond de ces cortèges de bus gris, Franz possède encore un vague souvenir de ce lieu enfoui dans son passé, un vieil hôpital pour déficient. Inexorablement les pas de son fils le mènent vers ce lieu honni, « en entrant ici, on perdait son nom ». En poussant les portes de sa quête, Franz ouvrira les lèvres d’une cicatrice indélébile celée derrière un cataplasme captieux.

 Ils ont cru à l’hiver 42, qu’ils réussissaient à tout effacer de ce qui avait été organisé ici. En quelques coups de truelle 

  Oriane Jeancourt Galignani nous emmène dans les tourments de l’histoire allemande. En suivant son héros Franz, on replonge dans le monde de l’horreur, du nazisme et de l’eugénisme. « Deux lettres séparent Erlösung et Endlösung. La délivrance et la solution finale. Deux lettres qui disent la vision nazie d’une mort travestie sous l’étendard de la liberté ». Un roman qui navigue entre passé et présent sous l’égide de fantômes pour mieux apprivoiser les événements et l’ampleur des faits qui se sont déroulés sous la politique de l’aktion T4.

L’absence de l’incinérateur le rend fou, ces traces de la machine sur le sol, la lourdeur de la chose en fonte qu’on suppose mais qu’on ne voit pas, cette absence, certaines nuits, le contraint à se lever, descendre dans les rues, courir jusqu’à s’en couper le souffle

  Sans jamais tomber dans le voyeurisme ou le pathos, la recherche de ce père journaliste, condamné à porter le triangle rouge des prisonniers politiques, pour retrouver un fils qu’il ne connaît plus, nous plonge dans la passivité de masse face à la dictature et ses méfaits. « Personne à Hadamar n’ignore à quoi sont voués les centaines de patients qui débarquent chaque jour des bus à l’arrière de l’hôpital ». « Nous ne pouvions rien faire de toute façon pour empêcher tout ça d’avoir lieu ». hadamar« La fumée des morts » d’Hadamar fera plus de 10000 victimes, femmes, enfants mischlinge (à moitié juifs), aliénés… tous périront par le feu et le gaz au nom d’une pensée, d’une idéologie.

« Si l’on a tenté d’effacer leurs noms, les survivants leur donneront les leurs », « faire le récit d’un peuple qui s’est mutilé ».

Merci à Netgalley et aux éditions Grasset pour leur confiance.

Humeur

Maybe I’m foolish, maybe I’m blind
Peut-être suis-je idiot, peut-être suis-je aveugle
Thinking I can see through this and see what’s behind
De penser que je peux voir à travers tout ça et voir ce qu’il y a derrière
Got no way to prove it so maybe I’m blind
Pas moyen de le prouver alors peut-être suis-je aveugle
But I’m only human after all, I’m only human after all
Mais je ne suis qu’un être humain après tout, je ne suis qu’un être humain après tout
Don’t put your blame on me
Ne me rejetez pas votre faute

Don’t put your blame on me
Ne me rejetez pas votre faute
Take a look in the mirror and what do you see
Jetez un œil dans le miroir et que voyez-vous
Do you see it clearer or are you deceived, in what you believe
Est-ce plus clair ou êtes-vous déçu, par ce que vous croyez
Cos’ I’m only human after all, you’re only human after all
Parce que je ne suis qu’un être humain après tout, tu n’es qu’un être humain après tout
Don’t put the blame on me
Ne me rejetez pas la faute
Don’t put your blame on me
Ne me rejetez pas votre faute
Some people got the real problems
Certainss ont de vrais problèmes
Some people out of luck
Certains n’ont pas de chance
Some people think I can solve them
Certains pensent que je peux les résoudre
Lord heaven’s above
Le Seigneur est au-dessus
I’m only human after all, I’m only human after all
Je ne suis qu’un être humain après tout, je ne suis qu’un être humain après tout
Don’t put the blame on me
Ne me rejetez pas la faute
Don’t put the blame on me
Ne me rejetez pas la faute
Don’t ask my opinion, don’t ask me to lie
Ne me demandez pas mon avis, ne me demandez pas de mentir
Then beg for forgiveness for making you cry, making you cry
Puis implorer pardon de vous faire pleurer, vous faire pleurer
Cos I’m only human after all, I’m only human after all
Parce que je ne suis qu’un être humain après tout, je ne suis qu’un être humain après tout
Don’t put your blame on me, don’t put the blame on me
Ne me rejetez pas votre faute, ne me rejetez pas la faute
Some people got the real problems
Certains ont de vrais problèmes
Some people out of luck
Certains n’ont pas de chance
Some people think I can solve them
Certains pensent que je peux les résoudre
Lord heaven’s above
Le Seigneur le ciel est au-dessus
I’m only human after all, I’m only human after all
Je ne suis qu’un être humain après tout, je ne suis qu’un être humain après tout
Don’t put the blame on me
Ne me rejetez pas la faute
Don’t put the blame on me
Ne me rejetez pas la faute
I’m only human I make mistakes
Je ne suis qu’un être humain, je fais des erreurs
I’m only human that’s all it takes to put the blame on me
Je ne suis qu’un être humain voilà tout ce qu’il faut pour me rejeter la faute
Don’t put your blame on me
Ne me rejetez pas votre faute
I’m no prophet or messiah
Je n’ai rien d’un prophète, ou d’un messie
Should go looking somewhere higher
Vous devriez chercher quelque part plus haut
I’m only human after all, I’m only human after all
Je ne suis qu’un être humain après tout, je ne suis qu’un être humain après tout
Don’t put your blame on me, don’t put the blame on me
Ne me rejetez pas votre faute, ne me rejetez pas la faute
I’m only human I do what I can
Je ne suis qu’un être humain je fais ce que je peux
I’m just a man, I do what I can
Je suis juste un homme, je fais ce que je peux
Don’t put the blame on me
Ne me rejetez pas la faute
Don’t put your blame on me
Ne me rejetez pas votre faute