Lydie

Lydie

 

L’interner ? Bien sûr que non. Si on devait interner une personne uniquement parce qu’elle est heureuse !…

 

  A l’heure où les michelines crachent leurs premières colonnes matutinales, le destin excrètent les notes sombres de la partition finale. Des mains extraient l’enfant né et dans le cœur des hommes sonnent le dies irae. La raison s’en est allée ici depuis la disparition de Lydie, la vie s’est drapée de sépia pour les habitants de l’impasse Van Dyck. Seule Camille entend encore le doux babil de son enfant mort-né.

Mon bébé ! Les anges du ciel me l’ont rapporté ! Je le savais bien, moi, que le Bon Dieu ne pouvait pas garder mon petit bébé auprès de lui. La place d’un bébé, c’est contre le cœur de sa maman, pas au paradis !

  lydie 2Sous les railleries, elle devient mère, sous les rosseries elle persévère. Aux côtés de la simplette, Lydie revit contaminant la voie du bébé à moustaches. Les pleurs résonnent à nouveau dans les cœurs, les cris cajolent les aigris dans un vent de folie, Papa Tchou tchou sert à nouveau de nounou… La maternité épand rapidement son enchantement empoignant les riverains d’une tendre vésanie retoquant le terrible fatum dans les limbes des souvenirs.

j’ai pas le droit d’enlever aux gens leurs plus beaux rêves.
La Camille, elle n’a plus que son bébé dans la vie : le fantôme d’une enfant pour laquelle elle se lève la nuit, persuadée de l’avoir entendue pleurer.

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  Zidrou et Jordi Lafebre nous offrent une œuvre tout en onirisme, une pause entre amitié, humanité et doux mensonge. Une histoire simple qui sait jouer sur les émotions, sans surprise ni fioriture. Le lecteur se laisse embarquer par cette fable aux tons rétros qui refuse d’accepter la dure réalité. Des ambiances, des émotions qui suintent des couleurs de Lafebre ornent cette chronique sociale. Une bande dessinée pour s’ancrer tranquillement dans un moment de plaisir.